samedi, 14 janvier 2012

Masculin / Féminin

D'abord la vie s'est occupée du premier plateau.
4 garçons. 4ème avant la fille !

Chez moi les garçons on les mettait dans une école de garçons, le week end on les mettait chez les scouts entre garçons.

Le collège, le lycée étaient aussi de garçons.
Béret rouge et gros biceps l'armée.
Puis mes premiers boulots étaient entre garçons !

 

Ha ! La vie, elle s'installe et elle installe des idées et des croyances. Le premier plateau est bien plein.
Abondance de garçons ne nuit pas, même si j'avais pas vu.

 

Puis la vie a été surprenante. Tous ces hommes d'écoles, de scout, d'armée, d'entreprises ne suffisaient pas.

Gros appétit… de vie


Animation, le jeu, les jeunes, la montagne, les rires, les pleurs, les rêves.


 L'accompagnement en montagne,  Organiser, soigner les blessures, assurer, montrer les choses à voir

 

La vie est déroutante. Mari, père, propriétaire.
Un homme un vrai !

 

Et les jambes flageolent et je ne sais pas pourquoi.
Mon plateau est bien rempli !

   

Ha, il y en a un autre !

 

Brouillard, yeux gonflés, mouchoirs, solitude.

Mais j'aime le ronron des chats, les fleurs de montagne, la voix Callas. J'aime prendre mes enfants dans mes bras. J'aime me frotter aux hommes

 

Mes plateaux sont beaux !

 

Vous êtes beaux !

 

Je mettrais bien du rouge aux lèvres ce soir.

Coin de tête

 

Des cloches sonnent.

Un mort.

Pour lui un point final.

 

Quand la mort passe, il faut bien [aux vivants] une semaine pour s'agiter dans le rituel, distraire les émotions. Resserrer les liens, familles de sang, famille de cœur. Faire du bruit, colorier l'assemblée avec le costume, le bouquet. Faire chanter les cloches et les refrains. Mouiller les mouchoirs, lâcher des rires ou faire comme si ça ne touche pas. Retrouver des têtes, oubliées, perdues ou inconnues.

 

Puis dire au revoir, adieu. Quitter le corps, le laisser partir en terre, en cendre. Et se dire qu'un jour… le mien.

 

Puis s'autoriser à [presque] oublier ce mort, ce proche, en le laissant dans un coin de tête, parce que de temps en temps on lui parlera.

dimanche, 03 octobre 2010

A l'ami imaginaire

Parce que pour le moment tu n'existes pas dans ma vie, parce qu'il y a des jours où je pense que je ne te rencontrerais jamais. L'impression que la vie est bouclé, quasi.

 

Qu'ai-je fait à vingt ans ? À l'âge où les jeunes se côtoient beaucoup, de bande à bande, de sorties en soirées… Moi j'ai regardé les autres s'agiter, s'embrasser, se toucher. Je les imaginais, peut être, se caresser, se prendre… moi rien. Moi j'étais absent à moi, absent aux autres. Non pas absent, distant, en protection de l'autre. Un danger, chaque autre représentait un danger.

 

Mon ami je t'attends depuis toujours, depuis au moins la fin de la projection du film "ami pour la vie" que j'ai vu au collège en 6ème. Qui faisait la programmation du cinéma du collège ? En 6ème ce premier film qui m'émeut sans me donner la clef de mon homosexualité. En 5ème c'est le film sur Grock le clown suisse qui me donne l'envie du cirque, du masque peut être. De la joie sûrement, de l'émotion et de la sensibilité.

 

 

Il te faudra savoir l'ami que je suis un rêveur et toi imaginaire.

 

Seul ce soir, mélancolique.

                                                                         

Quoi de cette éducation du silence ? L'horreur en creux, la souffrance silencieuse, non-dits. Tout va bien, ou fait pour que tout aille bien. Que tout aille bien dans tes agissements, dans tes paroles. Repris au moindre écart de langage. Ouais ! On ne dit pas ouais mais OUI ! disait mon arrière grand-mère en montant dans l'escalier couvert d'un tapis du rez de chaussée au deuxième étage avec une tige de fer carré à chaque marche. Une tige de fer qui ressemble aux barreaux des prisons... Les mêmes. Pas posé pareil, mais les mêmes.

 

Bon, oui de leur responsabilité. Oui ils en ont une. Mais pourquoi moi, pourquoi je n'ai pas été rebelle tout de suite ? Pourquoi ? Pourquoi je ne courre pas tout ce qui a les épaules carrées, les cuisses musclées, les torses larges, le sexe apparent.

 

Quelles sont ces retenues, ces amarres, ces ligaments ?

 

 

 

 

 

jeudi, 01 avril 2010

al dente

 

Ce soir, je mange des moules au curry-crème fraiche.

Cuites al dente, elles me font penser à la peau de mon amant chinois.

A chaque moule portée à la bouche, au palais je ressens cette texture si particulière, tendre et veloutée, quelque peu épicée… je suis au lit avec lui, peau contre peau, en voyage, je suis en Chine. Les flammèches de son sexe, sa peau velouté…il n'y a que moi pour voir la Chine douce et veloutée.

A vos prochaines moules, pensez à quelqu'un.

Ce sera qui votre chinois ?

 

mercredi, 03 mars 2010

18262 jours... T'y crois toi ?

Trouvé sur un blog ce matin : "3 mars 1960 - Me voilà en isolement dans une cellule. Un infirmier et un toubib passent me voir de temps en temps sans dire un mot. Quand ils entrent, je vois furtivement une pancarte sur la porte : "Défense d'entrer. Danger de mort". Ça me fait penser à mon vieux qui a clouté une pancarte "Chien méchant" sur la porte de notre maison. Il a jamais eu de chien ! Tout ça pour éloigner les voleurs et autres chieurs. C'est un con, mais faut admettre qu'il est pas bête... "

 

50 ans et une question :

Qui a cloué sur ma porte : "Homo"  ?

Pour éloigner quoi, qui ?

 

 

 

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